Internet et biens communs

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C’est à la Maison Pour Tous Salle des Rancy qu’il fallait se rendre le jeudi 17 octobre 2013 à 9h30 pour assister à la conférence sur internet et Biens Communs, toujours dans le cadre de la semaine sur les biens communs. La conférence fut organisée par Illyse et l’Aldil et fut animée par Oriane, membre de l’association Illyse, la parole fut donnée à 6 invités de milieux différents.

Liste de invités :

  • Pierre-Yves Gosset : gérant de Framasoft
  • Samuel Triolet : Directeur général de Rézopole
  • Romain Blachier : adjoint à la mairie de Lyon 7e en charge de l’économie
  • Jean-Marie Chosson : élu au Groupe Europe Ecologie Les Verts (EELV)
  • Pierre Col : directeur Marketting chez Antidot et bloggeur chez ZDNet
  • Sylvain Charron : fondateur et dirigeant de Lasotel
  • Jérôme Leignadier Paradon : adhérent du Parti Pirate

La conférence commença avec Oriane qui nous fit un rapide rappel de ce qu’est un bien commun. Ce n’est pas dans toutes les conférences sur les biens communs que l’on commença par faire ce point et je le trouve important. C’est une notion un peu difficile à exprimer mais qui est pourtant présent depuis pratiquement le début de l’histoire de l’Homme. L’image que j’ai retenue est celle de la terre commune que tout le monde agrémente et jardine avec ses moyens pour la rendre plus fertile.

Si on regarde rapidement l’histoire d’internet, on se rend compte que cette technologie est ouverte au principe de bien commun. En effet, internet aurait été inventé par des chercheurs payés par l’armée Américaine, l’idée était de trouver un moyen de garder le transfert d’informations quand un ou plusieurs points d’accès seraient supprimés, si une bombe s’écrasait dessus par exemple. Est né le système de pair à pair, une connexion d’ordinateurs à d’autres ordinateurs, sou le forme d’une toile d’interconnexion. L’idée est de permettre l’échange d’une personne à une autre, de faire circuler une information. Ce réseau devient un outil de mise en relation des personnes et de leur connaissances. Un terrain de jeux parfait pour partager des biens communs, encore faut-il accepter tous les contenus illégaux qui pourraient circuler : drogue, copyright, terrorisme et j’en passe ? Pour l’association Illyse, ce n’est pas le rôle du fournisseur d’accès de faire une censure ou de privilégier certains contenus.

La neutralité du net

Illyse est une association promouvant un internet libre, un de ces but est de donner conscience aux gens de ce qu’est un internet libre. Au mieux, son but est de susciter des vocations. Elle proposera bientôt un service de fournisseur d’accès Internet neutre.

En effet, le problème avec la censure c’est que cela peut être ambiguë et parfois on en vient à se demander si on est dans une atteinte à la liberté d’expression. L’évolution d’internet est inquiétante tant elle se dirige vers une valorisation de certains flux, un filtrage des contenus par les fournisseurs, un filtrage arbitraire selon le loisir des fournisseurs d’accès. Vous vous rendez compte qu’ une page est plus lente à charger que google, youtube ou facebook ? C’est un choix de votre fournisseur d’accès. Certain vont même jusqu’à bloquer le port smtp qui vous permettrait d’installer un serveur mail chez vous, même si pour le moment ce n’est pas très légal. On peut imaginer un futur proche où les flux seraient hiérarchisés, tout le monde aurait un accès normal aux sites les plus riches et il faudrait payer plus cher pour accéder à d’autre sites internet.

Cette inquiétante évolution est évidemment contraire à la facilité de partager du biens communs, même de s’exprimer. Aujourd’hui nous utilisons peu de protocoles internet, je rappel que le web n’est qu’une partie d’internet , il passe par le port 80, le mail passe par le port 25, la voix par IP pour skype sur un autre port,… Cette créativité de ce que l’on fait d’internet risque aussi de disparaître.

Logiciel Libre

Jean-Marie Chosson (EELV) et Pierre-yves Gosset (Framasoft) ayants une vision plus théorique et terre à terre, nous amenèrent sur les problèmes de longévité des biens commun, d’autogestion, d’application dans les entreprises et sur un débat sur la rémunération des créateurs de contenus libre.

Framasoft est un réseau de développement, d’éducation et de promotion de logiciel libre. Un logiciel libre est souvent gratuit, son code source doit obligatoirement rester libre, si des nouvelles versions sont crées à partir de lui, elle doit rester libre. Le logiciel libre est un exemple typique de bien commun, chacun y a accès et peu l’améliorer, le rependre. Grâce à internet nous sommes en train de créer des milliers de produits performants. Pourvus que cela dure, pourvu qu’internet tel que nous le connaissons dure. Pierre-yves Gosset, nous rappel que créer un logiciel n’est pas gratuit, il y a forcément un gentil monsieur qui donne de son temps pour développer et il ne sera pas rémunéré par les utilisateurs. Certains systèmes économiques sont pensés sur le principes d’un revenus de base pour chacun, mais ils sont encore loin d’être envisagés. Les développeurs de logiciels libres doivent avoir un vrai travail pour gagner leur vie, pourtant les agences bénéficient de plus en plus des logiciels libres. Il serait bien que les politiques s’intéresse à ce sujet, mais il ne faut pas non plus attendre qu’elles agissent pour trouver des solutions, cela pourrait prendre du temps.

Le débat de la conférence permit de soulever divers autres problématiques comme l’éducation des jeunes à internet, qui ne se limite à facebook et google. Ces débats et ces discours ont permis de m’ouvrir les yeux un instant sur le devenir d’internet, j’ai compris que quand on parle de la neutralité du net c’est pour maintenir la force de la liberté d’expression, de partage de connaissances, et peut-être même de la liberté de conserver nos informations privées.

Punch line

C’est prouvé, l’intelligence même de l’être Humain est tournée vers le fonctionnement en communautée. Internet permet aujourd’hui de rapprocher les gens et leur connaissances, logiquement il devrait nous permettre de nous développer si personne ne modifie son fonctionnement. Pour le moment on s’inquiète à peine des atteintes à la liberté d’expression, peut-être qu’un jour nous nous soucierons de l’ atteinte faite aux biens communs.

Adrien TAINOFF.