Le personal branding en question(s)

Profitons de cette période de recherche de stage pour questionner les tendances actuelles, d’où se détache le personal branding.

 

La forte concurrence sur le marché de l’emploi peut être considérée comme un défi pour les individus.  Chacun doit se frayer un passage pour être remarqué par son employeur potentiel. Aussi il est devenu incontournable de valoriser son image grâce aux nouveaux outils.

Faire savoir qu’on est un bon professionnel, comme le suggère le succès des CV originaux.

le personal branding […] est le marketing personnel en tant que marque [c’est-à-dire le] management de soi ou la stratégie de l’être. Claude Garcia- Zunino

La marque… comme celle d’un produit à vendre ?

Crédit : A. Baumann

Hum… cette image a de quoi déranger !

Cependant, on peut se rappeler que la marque, c’est aussi le signe inné porté par un individu, ou encore une trace naturelle laissée, reconnaissable.

Elle lui donne une identité, l’individu est unique.

Il peut donc être tout à fait intéressant de réfléchir à l’image qu’on a de soi, et à ce que l’on veut communiquer sur soi.

Le personal branding… tout un boulot !

Adopter une démarche marketing pour :

  • se connaître
  • connaître son environnement (marché, concurrence…)
  • se différencier
  • structurer son offre, son projet
  • communiquer
  • développer sa présence sur le web
  • gérer son identité numérique

Cette démarche semble combiner des outils à la fois de marketing, de web 2.0, mais aussi de communication, voire de développement personnel.

Se connaître soi-même, connaître son environnement et son destinataire… ces exigences peuvent nous rappeler les conseils de Philippe Breton dans Convaincre sans manipuler (2008, La Découverte). En effet, les étapes de préparation à l’argumentation passent obligatoirement par l’inventio, savoir à qui on s’adresse et quel point d’appui utiliser pour adapter son discours.

Probablement la construction de sa marque relève d’un travail long pour l’individu, pour que ce qu’il donne à voir soit en adéquation avec ce qu’il pense être professionnellement.

Questionnement

Crédit : geralt (pixabay)

Autant j’apprécie ce travail de créativité, de connaissance de soi et d’écoute de l’autre, autant je me pose des questions sur la primauté de l’image (voire du ludique), sur la captation des données par les grands acteurs du web, sur la mise en concurrence des individus, ainsi que sur la pression exercée sur eux.

Comment se considèrent et sont considérées les personnes, sommées de se démarquer ? Qu’est-ce que cela raconte sur notre société ? (cf. Alain Ehrenberg, Le culte de la performance, La fatigue d’être soi) De plus, nous ne pouvons ignorer qu’il s’agit du champ lexical du marketing, aujourd’hui indispensable à la vente, et donc à la marchandisation de tout.

C’est peut-être aussi là que nous pouvons, en tant que colibrien-nes, tenter de réfléchir et de se positionner. Notre formation nous donne des billes, à partir d’une vision originale de l’apprentissage, des métiers de la communication et des outils – les logiciels libres. L’éthique peut nous guider dans nos choix, dont celui de la collaboration comme manière d’entreprendre.