Médias sociaux : prêt·e·s pour les alternatives ?

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Médias sociaux : prêt·e·s pour les alternatives ?

Scandale de Cambridge Analytica, prochaine mise en application du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD)… Difficile de ne pas passer à côté de l’actualité qui nous montre que les médias sociaux « traditionnels » (Facebook, Twitter et bien d’autres) ne respectent pas beaucoup leurs utilisateurs et utilisatrices, tant sur le plan de la protection de leurs données personnelles que sur l’authenticité des informations que ces médias sociaux (MS) diffusent.
Avec tout ça, nous sommes au courant qu’utiliser certains MS n’est pas très juste sur un plan éthique et politique. Et pourtant, peu d’entre nous ont décidé d’abandonner définitivement nos comptes sur ces plateformes. Pourquoi ? J’ai fait circuler une enquête pour entendre les avis de chacun·e. Souhaitant adresser ce questionnaire à un public utilisant plutôt les MS traditionnels, je l’ai fait circuler principalement sur Facebook, ainsi que sur LinkedIn. Voici ci,-dessous les résultats sur un effectif total de 178 répondant·e·s.

Présentation de la population

Les 15-25 ans représentent la plus grosse partie de la population (44,9 %), suivie par les 26-35 ans (21,9%), les 36-45 ans (12,9%) et les plus de 55 ans (10,7%). Les 46-55 ans représentent 9 % de la population, les moins de 15 ans représentant 0,6%.

Sur 178, les répondant·e·s sont 175 à utiliser Facebook, 74 à utiliser Instagram et 34 à utiliser Twitter. Ils sont 7 à utiliser Mastodon et 4 à utiliser Diaspora. 27 d’entre eux utilisent d’autres MS (LinkedIn, Viadeo, Snapchat, Whatsapp…)

Iels sont 86,5 % à utiliser les MS quotidiennement, 12,9 % à les utiliser quelques fois dans la semaine et 0,6 % à les utiliser quelques fois dans le mois.

Les médias sociaux traditionnels

Comme indiqué plus haut, les médias sociaux traditionnels (par exemple, Facebook et ses acquisitions, pour n’en nommer qu’un) et, plus généralement, les GAFAM, ont pour système économique la revente des données personnelles de leurs utilisateurs et utilisatrices, à des fins commerciales, notamment. Pire, l’analyse du scandale Cambridge Analytica a récemment révélé que les médias sociaux influencent les élections présidentielles. 94,9 % des personnes ayant répondu à l’enquête étaient au courant de ces dérives, contre 5,1 % qui ne le savaient pas jusqu’à présent.

Éthiquement, cela pose-t-il un problème ? Les répondant·e·s sont effectivement 66,9 % à considérer que cette exploitation de leurs données personnelles est un problème. 15,2 % ne se sont jamais posé·e·s la question, et 14,6 % estiment qu’iels n’ont rien à cacher.

Les médias sociaux alternatifs

Des médias sociaux alternatifs, tels que Mastodon et Diaspora* existent. Pourtant, ils sont peu connus du grand public, et les chiffres nous le montre : les personnes interrogées sont 23,6 % à savoir que des MS alternatifs existent, contre 76,4 % d’entre elles, qui ne soupçonnent pas leur existence.

Et pourtant, sachant que les MS traditionnels utilisent leurs données, qui plus est, que cela leur pose un problème d’éthique, les personnes ayant répondu à l’enquête seraient-elles prêtes à passer aux MS alternatifs ? « Oui » répondent 54,5 % d’entre elles, mais sans pour autant quitter les MS traditionnels sur lesquels elles sont déjà inscrites. Cela est dû en grande partie au fait qu’elles ont peur de ne pas pouvoir retrouver leurs « amis » sur les MS alternatifs.

32 % des personnes interrogées seraient tout de même prêtes à quitter définitivement les MS traditionnels, pour les MS alternatifs. Un chiffre tout de même conséquent, et en accord avec les problèmes d’éthique que le système économique des MS traditionnels soulève.

Elles restent tout de même 10,7 % à estimer que les MS traditionnels leur conviennent, et ne seraient pas prêtent à ouvrir des comptes sur les MS alternatifs.

Citées en derniers, mais pas des moindres, 2,8 % utilisent déjà les MS alternatifs.

Que peut-on en conclure ?

Les chiffres nous montrent qu’une bonne partie de la population est gênée par le système économique des MS traditionnels. Elle est au courant de la manipulation de masse perpétrée par ceux-ci et de toutes les dérives que cela implique. Elle souhaiterait de l’alternative, mais ne sait pas vers qui se tourner, ne sachant pas que des MS alternatifs existent. Il y a un travail de communication à faire de ce côté. Notez que, comme précisé plus haut, cette enquête a été en grande partie diffusée sur Facebook, et que cela est révélateur d’une réelle prise de conscience et d’un réel souhait d’en savoir plus sur les MS alternatifs.

Mais alors, qu’est-ce qui les empêchent de choisir l’alternative ? Comme nous l’avons vu, la méconnaissance de leur existence. Mais aussi, et surtout, la peur de perdre leurs contacts. De plus, le passage des MS traditionnels aux MS alternatifs peut s’avérer décevant. Il y manque encore quelques fonctionnalités que proposent les MS traditionnels, et qui prodiguent un certain confort : la possibilité de créer des groupes, des événements, des pages… Sans parler de l’immense communauté utilisant les MS traditionnels (en 2017, 2.13 milliards d’utilisateurs et utilisatrices actif·ve·s sur Facebook, un chiffre à donner le vertige !).

Donc prêt·e·s pour les alternatives ? Oui, mais en jetant le mauvais pour ne garder que le bon ! Développeurs, développeuses, si vous passez par là… ;-)

 

À lire aussi article : “Facebook : un Français sur quatre prêt à supprimer son compte

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