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Colibre fête la musique… libre avec KPTN

Pour la fête de la musique interview de KPTN : auteur, compositeur, interprète de musique… libre ! KPTN artiste atypique de la chanson française nous présente son premier album officiel : Flammes. Nous ferons également le point avec lui autour d’un mode de création et de diffusion de la musique encore méconnu : la musique libre.

 


Colibre : Peux tu te présenter musicalement KPTN ?

KPTN : Mon nom d’artiste est KPTN, Je fais de la musique depuis très longtemps, j’ai commencé par une formation classique au conservatoire de Reims : violon, contrebasse. Quelques années plus tard, j’ai changé mes influences et je suis passé à la guitare. Maintenant je compose des chansons avec des textes en français qui sont plutôt humoristiques mais sur des sujets qui ne le sont pas toujours.

Colibre : Quelles sont tes influences musicales KPTN ?

KPTN : Elles sont liées naturellement à celles de mes parents, j’ai écouté beaucoup de chansons françaises des années 70 80 dont Goldman mais également du rock des années 60 avec les Beattles, les Rolling-Stones et du Hard Rock des années 70 citons Led Zeppelin, Deep Purple. J’ai toujours beaucoup aimé la variété française et les groupes comme Téléphone puis Jean-Louis Aubert mais Cabrel, Dutronc, Souchon, tous ces artistes m’ont largement influencés. Plus récemment des artistes comme M ou Zazie m’ont également beaucoup inspiré.

Colibre : Pourquoi ce nom de scène KPTN ?

KPTN : Cela remonte à ma semaine d’intégration en école d’ingénieur lors de laquelle j’ai incarné pour une raison que j’ai oublié le Capitaine Flam. Le surnom de KPTN m’est resté et je l’ai adopté sur tous mes réseaux communautaires et sociaux.

Colibre : Tu as sorti le 17 février dernier ton premier album officiel : Flammes sous licence Creative Commons BY SA 4.0. C’est à dire de la musique libre donnée à la communauté. Pourquoi cette démarche ?

KPTN : Je n’ai pas prévu de faire une carrière professionnelle dans le milieu de la musique, c’est uniquement du loisirs. Par ailleurs, je suis impliqué dans le logiciel libre puisque je suis libriste de profession. J’ai découvert le mouvement du libre pendant mes études. Je n’ai jamais arrêté. Cela me semblait très logique de faire de la musique libre en plus du logiciel libre. J’ai découvert l’extension du libre dans l’art pendant des conférences informatiques notamment lors des Rencontres Mondiales du Logiciel Libre (RMLL). Durant ces conférences il y a des tracks qui présente la culture plus global du mouvement libre que ce soit dans le design, l’image et la musique bien sur. Pour faire mon album, je me suis beaucoup renseigné sur comment faire de la musique libre, comment ne pas adhérer à la SACEM et produire son album. Produire de la musique libre c’est aussi des démarches.

Colibre : Quel est ton engagement dans la musique libre ?

KPTN : Je suis assez nouveau dans ce domaine, je me suis renseigné sur les licences et l’écosystème. J’ai adhéré il y a quelques années à une association qui s’appelle Musique Libre ! Cette association qui est propriétaire de la plateforme Dogmazic qui promeut et distribue de la musique libre. J’aimerais bien poursuivre mon engagement en les aidants, en participant à des évènements et en me produisant.

Colibre : Utilises-tu de la musique libre dans tes œuvres ?

KPTN : Non j’ai pas fais l’exercice d’aller réutiliser des morceaux libres car j’avais déjà assez de matière avec mes chansons et mes compositions. Je n’ai repris ni chansons, ni musique, ni parole tout a été fait de zéro.

Colibre : Quelles ont été les conditions de réalisations de cet album ?

KPTN : Au départ j’étais un peu tout seul, j’ai demandé à des gens (je travaille dans un espace de Coworking, La Cordée. dans lequel plusieurs personnes font de la musique) qui ont accepté de m’aider dans ce projet de réalisation d’un album. Les chansons étaient déjà écrites mais j’avais besoin d’aide pour enregistrer. Les gens qui m’ont aidé ne connaissaient ni les outils libres ni la musique libre. L’album a été réalisé de manière traditionnelle dans un home studio avec du matériel et des logiciels propriétaires pour les professionnels. Ces gens ont été bénévole et ils ont accepté que le travail qu’ils ont fourni soit reversé à la communauté. Car tout est libre dans ce travail.

Colibre : Ton album est disponible sur pas moins de 14 supports différents depuis le CD jusqu’à une installation Debian en passant pas de nombreuses plateformes ! C’est la première fois que je faisais un sudo apt install pour écouter un album en ligne de commande… c’est aussi ça la musique libre ?

KPTN : C’est mon côté geek et logiciel libre. Pour la distribution j’ai choisi de publier l’album en numérique sur les plateformes commerciales Deezer, Spotify, parmi d’autres. J’ai du payer afin que cette album soit distribué sur ces plateformes propriétaires. Comme c’est de la musique libre, j’ai choisi également de le publier sur des plateformes de musique libre comme Dogmazic, Jamendo, qui promeuvent de la musique libre et qui sont, elles, libres d’accès pour les artistes. J’ai aussi mon propre site web sur lesquels c’est publié. Enfin pour l’installation Debian, je voulais faire ce clin d’œil et j’ai pris du temps pour créer un paquet Debian qui contient toutes les chansons. Sur mon site web on peut voir comment installer en quelques commandes et l’écouter sur son terminal. C’était vraiment un clin d’œil et c’était vraiment pour m’amuser.

Colibre : Côté texte, tes chansons sont engagées. Tu développes un point de vue sur des thématiques comme l’écologie, l’égalité femme homme, mais aussi une certaine critique sociale. Peux tu nous en parler ?

KPTN : Comme tout le monde on est citoyen du monde on observe ce qui nous entoure, on est a peu près tous d’accord pour pointer du doigt ce qui va pas et notamment les questions écologiques, les relations humaines …

J’ai pas l’impression d’avoir un discours très originale sur ce sujet là en tout cas les thèmes sont très largement partagé par tout le monde. Ma façon d’en parler et de donner mon avis ça été ces chansons là et comme j’aime manier la langue, j’ai cherché à traiter ces thèmes là de manière détournée et humoristique.

Sur l’écologie dans la chanson « Musée d’air contemporain », j’ai imaginé que dans le futur les classes scolaires iraient visiter des musées non pas avec des peintures ou des sculptures mais des musées dans lesquels on voient qu’est ce que c’était un arbre, un légume, une eau transparente. C’est une forme de dystopie tournée de manière humoristique, j’espère que ça permet de faire passer le message d’une autre façon.

La chanson « Irresistant » est plus engagée, certainement l’une des moins drôle aussi. Cette chanson rend hommage à ces gens que je vois lutter, faire des manifs, revendiquer des choses et pour lesquelles je participe assez peu moi même. Alors que nous sommes dans un certain confort de vie, on regarde ces choses et je me mets dans cette catégorie de spectateurs « irresistants ».

« À toi de jouer », c’est une chanson que j’ai composé pour le groupe 7Friday avec lesquels je travaille à la Cordée. J’aborde l’égalité homme femme notamment sur la nécessité de maîtriser son destin. C’est une chanson enregistré en commun avec le groupe 7Friday.

Colibre : Bientôt en concert ?

KPTN : Pas pour la fête de la musique mais dès le 18 aout à Villeurbanne. Suivez mon actualité via mon site et mon compte Mastodon pour tout savoir sur les dates et évènements à venir.

Colibre : Merci KPTN, Hâte de te voir en concert de musique libre.