« Black Mirror » : De la fiction à la réalité

On connaît déjà « Black mirror » (voir http://colibre.org/black-mirror-une-serie-en-accord-avec-son-temps/) cette série télévisée dont nous avons traité le sujet en juin dernier et dont la quatrième saison sortira le 29 Décembre prochain.

Black Mirror, Satire des nouvelles technologies

La série ayant l’habitude d’imaginer de manière dystopique nos futurs comportements en lien avec Internet, les évolutions technologiques ou notre rapport aux réseaux sociaux propose en 2016 une troisième saison et diffuse le premier épisode « Chute libre » qui nous expose un monde qui vit au rythme de la cote personnelle.

La start up « Credo 360-360 » a mis au point une application qui consiste à noter les interactions que vous avez avec les gens qui vous entourent en fonction de notes allant de 0 à 360. Fatalement, cela nous rappelle « Black Mirror » et son épisode tragique « chute libre » construit autour d’une application similaire que celle proposée par Credo 360-360.

Les explications du fondateur

Pour mettre fin aux critiques, Irakliy Khaburzaniya, un des fondateurs, a récemment publié un édito dans lequel il explique pourquoi son application est différente du concept mis en scène par Black Mirror.

En effet, il raconte ainsi que sur son application c’est la fréquence des « interactions » qui détermine les coefficients et non la réputation en question – ce n’est pas parce que vous êtes très populaire que vos notes ont plus de poids, mais parce que vous notez souvent – les notes sont anonymes ce qui « garantie l’objectivité » ou encore, seules les « interactions importantes » peuvent être évaluées, contrairement à Black Mirror où chaque interaction – même la plus insignifiante – appelle à une note.

Des interactions discutables

Cependant, si le coefficient est déterminé par la fréquence des interactions et non pas par la réputation cela suggère aussi une définition relative à chacun de ce que le fondateur Irakliy Khaburzaniya appel « interaction importante ». Plus il devient intéressant de noter une « interaction » pour l’utilisateur, plus celui-ci aura tendance à noter une « interaction » – même la plus insignifiante

En tout état de cause, la frontière entre ce que Black Mirror nous propose en termes de fiction et ce que l’application nous révèle aujourd’hui, est flou. Bien qu’il soit peu probable que cette application soit tournée dans le but d’alimenter des polémiques, nous ne sommes pas à l’abri d’en entendre parler prochainement et dans des termes moins élogieux.