Le Libre débattu en mairie

Les mairies sont des terrains où s’affrontent des visions politiques différentes, pas étonnant que les philosophies et usages respectifs du logiciel libre et du logiciel propriétaire n’échappent pas aux débats.
En effet, Munich envisage de quitter Linux au profit de Microsoft, tandis que Nancy bascule son parc vers LibreOffice.

Un choix économique

En 2014, le maire de la capitale bavaroise déclarait des économies de 11 millions d’euros grâce à LiMux, une version sur mesure de Linux Ubuntu. Ce qui n’empêche pas l’équipe actuelle de vouloir l’installation de Windows 10 sur ses 29.000 PC, ce qui devrait lui coûter des « millions ».
Au contraire, le conseiller délégué au numérique de la ville de Nancy annonce une économie de 190.000 €.

Un choix politique

Thierry Noisette rappelle que le pdg de Microsoft en 2004, Steve Ballmer, s’était déplacé « en personne en Allemagne pour plaider pour ses solutions », mais en vain. Aujourd’hui, l’abandon du Libre est directement lié au changement de majorité politique, conquise par des partis plutôt conservateurs (CSU et SPD). Les Verts, eux, s’opposent à cette décision, certains que le département informatique n’approuve pas non plus cette décision.

Un choix pragmatique

Bien qu’ayant à sa tête un maire libéral qui pourrait se positionner pour le propriétaire, la ville de Nancy accorde de l’importance à l’innovation en privilégiant le Libre pour son évolutivité et son adaptabilité, dans le cadre de la création de nouveaux services et de la mise en place de nouvelles méthodes de travail plus tournée vers la « co-construction ».

Linux vs. Windows vu par Charb en 2003

Ils ont raison, et ils ne sont pas les seuls…

La tendance de fond

De plus en plus de collectivités territoriales se tournent vers le Libre selon La Gazette des Communes :

Nantes figure parmi les villes ayant fait ce choix : 1,6 million d’euros économisés sur cinq ans, des outils plus que satisfaisants… cela a nécessité une remise en question des habitudes et une aide des prestataires pour la migration, mais Nantes contribue désormais activement au développement de LibreOffice.

Arles libre depuis 2005

Autre exemple notable, Arles, qui comptent dans ses effectifs 2 développeurs et qui met à disposition une quarantaine de logiciels métiers sur la plateforme OpenMairie.

-> Plus d’infos sur le site de l’Adullact, association qui promeut le Libre pour les administrations et collectivités territoriales depuis 2002.