Interview du rappeur Efrasis, grenoblois prometteur !

Rappeur iranien et savoyard qui nous vient tout droit de Grenoble, Efrasis oscille entre une acoustique teintée de hip-hop  des années 80 se mêlant à des sonorités de rap actuel, Efrasis use de sa plume pour résumer tout ce voyage dans des textes incisifs et souvent engagé.

Photo d'Efrasis à la salle de spectacle Le Grand Angle

On parle souvent de Paris et Marseille pour le rap. Maintenant quelques médias s’intéressent à Lyon, qu’en est-il de Grenoble ?

« Je suis déjà hyper heureux que le rap se développe en province. sans avoir besoin de Paris et que l’on puisse représenter l’identité de sa ville. Ce que j’aime à grenoble c’est cette solidarité, même hors du rap. Il y a vraiment un vrai rap grenoblois . Lyon Grenoble c’est un peu la même chose on est des frères, je suis vraiment heureux qu’il y ai une scène Rhône Alpine. »

Quelles sont les connexions qui se font entre Lyon et Grenoble ?

« Il y a des connexions, c’est naturel, c’est 1h 20 en train, on est voisins. En tant que Grenoblois j’avais envie de construire ma fanbase, mon histoire et ma direction artistique sur grenoble et ensuite de m’exporter à Lyon. J’ai rencontré de superbes gars, ya pleins de trucs qui arrivent et c’est vraiment cool que chacun fasse vivre le mouvement, on a besoin de se porter tous ensemble. »

Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer autant dans la musique ? 

« A la base, c’est vraiment les textes, je me vois pas faire autre chose que écrire, les dire, les rapper et les interpréter, c’est ça qu’il y a au fond de moi. J’ai commencé par le théâtre, la poésie et rapidement comme je suis un bousillé de rap je me suis mis à en faire. C’était vraiment ce besoin de dire de vraies choses et de mettre en valeurs l’héritage que j’ai. Tout en adaptant mon héritage du rap des années 80 à la musique actuel. J’avais aussi ce besoin viscéral d’être sur scène et de défendre mes textes.

Et ducoup, comment tu décrirais ton art ?

C’est un rap tendre, loin des clichés du rap avec une image réelle du rap c’est à dire s’exprimer avec du rythme. Je suis soucieux que mon rap s’adapte à tous. C’est aussi un rap dur, un rap kické. Je suis un mec des couplets. C’est un rap insicif. C’est un rap qui n’a pas peur de plaire aux gens qui n’aiment pas le rap puis surtout qui fait plaisir aux gens qui aiment le rap. C’est du Efra.

On a vu que tu enchaînais de belles première parties ; Youssoupha, Bonnie Banane, et Zamdane  prochainement à Voiron le 3 décembre. Comment tu te prépare à ces évènements ?

Partager l’affiche avec quelqu’un de plus connu ça fait beaucoup de bien, ca veut dire quelque chose. J’essaye de me dire qu’il y a deux mois j’aurais jamais imaginé ça donc fais toi plaisir et convainc l’artiste et son public que ton rap mérite d’être écouté. Je me met dans ma bulle, c’est le travail qui permet d’arriver serein. Quand je fais mon travail je le fais au max et quand je vois des gens qui me regardent et qui m’écoutent, je peux pas les décevoir. Aprèq quand je suis sur scène j’évacue.

Tu anime des ateliers d’écriture dans des prisons, pour des collèges ou le Crous de Grenoble, qu’est  ce que ça t’a apporté ? 

« C’est trois types de personnes, de parcours et de milieux très différents qui ont des choses à dire et à m’apporter à moi en tant qu’artiste. Moi qui suis soucieux d’écrire des textes, je me nourris de toutes ces discussions. Ca remet aussi à sa place ? Notamment les collégiens qui ont cette spontanéité. En prison j’ai vécu des choses tellement émouvantes, ils ont une force et un regard sur la vie impressionnant. J’essaye de retranscrire ce que ça me fait au plus profond de moi. Maintenant que je t’en parle j’ai trop hâte de continuer. »

Quel est ton act u ? 

Ma deuxième mixtage est sortie le 25 juin 2021, c’est un projet qui complète le premier qui s’appelle « il faudra s’y faire ». Il faudra s’y faire, Les choses de la vie. Deux mixtapes qui laissent entrevoir tout ce que j’aime faire et sait faire dans le rap. Ca nous a permi de tourner en concert et de se laisser du temps pour se connaître avec mon équipe et savoir ce que ma fanbase apprécie. Maintenant on est prêt, on prépare un vrai gros projet, un album. Je sacralise un peu l’album comme un puriste du rap avec un fil rouge, un sens entre chaque morceau. On travaille aussi sur des petits single. Je peux pas me passer du studio et du travail d’écriture. Il y a déjà 15 sons dans le disque dur. On resserre la direction artistique. Le projet c’est de continuer à tourner sur scène et développer l’album.

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