Amatrices et amateurs de DIY, bonjour !
Dans l’univers du logiciel libre et du matériel open source, le Raspberry Pi se démarque depuis plusieurs années par son concept novateur. À la croisée de l’éducation, du bricolage numérique et de l’informatique embarquée, le nano-ordinateur est devenu un compagnon essentiel pour expérimenter, apprendre et déployer des projets à moindre coût. Avec l’arrivée du Raspberry Pi 5, la fondation de Cambridge franchit une nouvelle étape, non sans soulever quelques questions.

La fondation Raspberry Pi, créée en 2009 par des universitaires de Cambridge, s’est donné pour objectif de démocratiser l’accès à l’informatique à travers la commercialisation d’un nano-ordinateur accessible au grand public. Un objectif plutôt réussi, au vu des 68 millions d’unités vendues, d’après le dernier rapport financier de la fondation. Son prix abordable, son écosystème libre et open source en font un objet de prédilection pour de nombreux créateurs : serveur personnel, robotique, IA, domotique, multimédia, impression 3D…
À l’instar de nombreux smartphones, le nano-ordinateur de la fondation de Cambridge adopte un format monocarte, où l’ensemble des composants essentiels sont soudés sur une carte mère de la taille d’une carte de crédit. Sa particularité matérielle, au-delà de ce format compact, réside notamment dans l’utilisation d’un processeur ARM, lui conférant une excellente efficience énergétique (de l’ordre de 4 W pour le dernier modèle).
Lors du lancement du premier Rasppberry en 2012, le nano-ordinateur était proposé au prix attractif de 35 $. Avec l’évolution des besoins matériels, le dernier modèle, le Raspberry Pi 5, affichait un prix de lancement compris entre 50 $ et 120 $, (selon la quantité de RAM choisie). Il existe également d’autres déclinaisons, telles que le Pi Zero 2, le Pi Compute Module 5, le Pi Pico 2 ou encore le Pi 500, chacune répondant à des usages bien spécifiques.

L’intérêt de ce petit ordinateur réside aussi dans la possibilité de lui ajouter de nombreux modules et cartes d’extension : capteurs, potentiomètres, LED, moteurs, caméras, DAC, modules de communication… L’avancée majeure du Raspberry Pi 5 réside notamment dans l’ajout d’un port PCI Express, permettant d’accueillir un disque SSD, ou encore un module NPU dédié au machine learning. Au-delà d’un simple ordinateur de bureau, il s’agit donc d’un véritable outil de création, capable de supporter des projets ambitieux, allant jusqu’à l’exécution locale d’un LLM (assistant IA), le tout à moindre coût.
Grâce à une communauté très active, on retrouve de nombreuses ressources, ainsi qu’une quantité assez impressionnante de projets libre et open source, souvent sous la forme de distributions Linux. Du côté des constructeurs tiers, là aussi, des sorties régulières de modules, boitiers et kits d’extensions en tout genre viennent abonder les possibilités d’utilisation du nano-ordinateur.
Pour vous montrer ce qu’il est possible de faire avec un Raspberry Pi 5, voici quelques exemples de projets DIY accessibles :
Raspberry Pi OS
Environnement de bureau Linux simple et léger, basé sur une Debian 13 ARM. C’est la distribution la plus optimisée pour le Raspberry Pi, développée par la Raspberry Pi Holdings.
LibreELEC
Lecteur multimédia permettant de gérer ses films, séries, photos, musiques et jeux. Il prend en charge la connexion aux différents appareils du réseau domestique (NAS, serveurs…), afin de les centraliser sous une interface unique.
Recalbox
Distribution dédiée à l’emulation de consoles rétro-gaming, intégrant une interface dédier à l’arcade et des optimisations modernes, telles que la HD ou l’affichage 16/9 (widescreen).
Home Assistant
Hub domotique permettant de centraliser et piloter les équipements intelligents de la maison : capteurs, imprimantes, interrupteurs, éclairages, caméras de sécurité…
Pi-hole
Solution de blocage des publicités et sites malveillants via filtrage DNS, appliqué à l’ensemble du réseau domestique. Contrairement à uBlock Origin, Pi-hole agit hors navigateur et protège également les appareils non compatibles avec les bloqueurs de publicité (smartphones, objets connectés).
Nextcloud
Serveur cloud auto-hébergé offrant stockage de fichiers, agenda, calendrier et bien plus, accessible sur le web. Son principal atout réside dans le contrôle total des données, au prix d’une configuration nécessitant davantage de compétences techniques.

Depuis quelques mois, le Raspberry Pi subit des augmentations de prix significatives, dues notamment à la crise récente de la mémoire vive, imputé à l’expansion de l’IA Générative. Pour le modèle doté de 16 Go, on observe une hausse de près de 70 % en deux mois, passant de 120 $ à 205 $. La fondation a su réagir rapidement, en proposant dès le mois de décembre 2025, un nouveau modèle plus abordable, mais avec seulement 1 Go de RAM.
Malgré cela, le rythme de développement ne semble pas ralentir, avec un Raspberry Pi 6 attendu pour la fin de l’année 2026. De nombreuses avancées sont annoncées, mais la question du prix reste en suspens. L’ordinateur monocarte semble peu à peu s’éloigner de son objectif initial d’accès à l’informatique, et se dirige plutôt vers un marché spécialisé, à destination des projets DIY, ainsi que pour les entreprises ayant besoin de petits ordinateurs embarqués.
Au vu de la popularité croissante du nano-ordinateur, et des nombreuses ressources disponibles sur le web, le Raspberry Pi semble s’imposer comme un matériel incontournable pour de nombreux créateurs de projets DIY. Aussi, l’industrie des objets connectés et de l’informatique embarquée se montre de plus en plus intéressée par l’ordinateur monocarte, au vu des solutions très polyvalentes qu’il propose.
Alors, la prochaine fois que vous croiserez un objet intégrant de l’informatique embarquée, vous pourrez vous demander s’il s’agit d’un Raspberry Pi fonctionnant avec un système Linux…
Pour aller plus loin, je vous propose un autre article avec un test grandeur nature :
Pi OS & KDE Plasma : Le Raspberry Pi 5 peut-il remplacer votre ordinateur de bureau ?
Sources :
https://www.raspberrypi-france.fr

Merci,
Pour les adeptes de la région lyonnaise, je ne saurai trop leur recommander de rejoindre l’Aldil et son canal sur Framateam. On y rencontrera des utilisateurs et utilisatrices qui se retrouvent notamment à l’occasion des jeudis du libre (https://aldild.org) mais probablement dans les nids de bidouillage que son le LoL (https://labolyon.fr/), le LoV (https://labovilleurbanne.fr/site/) ou encore l’Atelier Soudé (https://atelier-soude.fr)