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Peinture Fraîche Festival #2 : « Grapheur ou Graffiste » ?

Petit retour sur la visite du Festival Peinture Fraîche #2. En bonus, visite confinée avec l’application du festival !

Pour la seconde édition du festival Peinture Fraîche qui s’est déroulé à Lyon courant Octobre 2020, les graffeurs renommés de la scène internationale ont tagué des fresques géantes sur les murs de la Halle Debourg . Dans la Ville des murs peints, cela faisait quelques années que le Street Art n’avait autant fait parler de lui. Petite visite de la seconde édition de Peinture Fraîche qui a offert aux graphistes numériques une occasion de revisiter des œuvres des graffeurs. Et en bonus une visite confinée pour ceux qui l’auraient raté…


Dans le 7ème arrondissement à proximité de la Cité des Jardins et des ENS, la Halle Debourg s’ouvre aux visiteurs masqués pour un festival qui a tenu bon pour notre plus grand bien dans le contexte pandémique. L’extérieur et ses abords immédiat laissent à voir certaines œuvres de Peinture fraîche #1 du printemps 2019. Le temps de la file pour les (re)découvrir.

On entre dans une Halle Debourg graffée de toute part, chaque mur abrite au moins une œuvre de street art souvent monumentale. Les artistes de renommée internationale dont les Lyonnais Brusk, Swing, PF Juin, Cart’1,  et bien d’autres ont joué avec les détails architecturaux de cet ancien entrepôt de fret-triage.

Fresque monumentale de Bond Truluv
Fresque augmentée.

Les visiteurs furent ravis de revoir les Bahoos, ces martiens graffeurs bloqués sur Terre, qui habitent les murs de certaines rues de la cité des Gaules, de l’artiste lyonnais Swing.

Les Bahoos de Swing en ballade dans la Halle Debourg…

En levant les yeux, parmi cette profusion d’œuvre le regard s’attarde sur cette jeune funambule peinte sur un mur mais qui semble marcher sur un câble tendu à travers la Halle. Quand les artistes utilisent ces petits détails qui vous immergent et vous font sourire.

Une funambule s’exercent au dessus des visiteurs.

Sur d’autres supports, le lyonnais Mars Yahl transgressent tous les codes, du graffiti aux peintures des plus grands maîtres. Comme il le dit lui même : « Si pour certains le tag et le graffiti sont du vandalisme, alors autant entrer par effraction dans les tableaux ». Cette série de photos réinterprètent certaines oeuvres qui font le succès des musées et des expositions.

Mars Yahl revisite « La Laitière » de Vermeer.

« Si pour certains le tag et le graffiti sont du vandalisme, alors autant entrer par effraction dans les tableaux »

Mars Yahl
« Le Radeau de la Méduse » de Géricault non pardon de Mars Yahl… Fresque augmentée

Les libristes reconnaîtront ici la mascotte de l’un des navigateurs libre les plus célèbre du monde à côté d’une figuration artistique de GNU tricolore !? Le monde du libre semble être mis à l’honneur à Lyon avec certains artistes qui lui ouvrent les portes de la reconnaissance par l’art.

"Firefox" stylisé par Aloys2Fly
« Firefox » d’Aloys2Fly
Tableau de Khwezi figurant un GNU tricolore ?
Le lyonnais Khwezi représente-t-il « GNU » !?

Mais le plus innovant et pour tout dire bluffant tant dans la démarche que dans l’expérience, ce sont ces fresques monumentales « augmentées », supports de deux œuvres. La première, la fresque peinte par le graffeur s’offre à la contemplation devant vous, oeuvre de Street Art sublime et éphémère. Mais cette oeuvre sert ensuite de support à une seconde, oeuvre digitale, une fresque en réalité augmentée qui devient vivante grâce à votre smartphone. Ce procédé offre un art double, une interprétation duelle ou complémentaire. Mais aussi un renversement des rôles et des codes dans lequel les oeuvres de Street Art s’offrent aux graffitis vivants d’artistes du digital. Les graphistes numériques endossent le rôle de « graffistes » numériques le temps du festival.

Guignol et son double digital…

La Halle Debourg a accueilli l’Art ce mois d’Octobre 2020, pas de cet art contemporain qui se revendique affranchi du Beau et du sens. Non de l’art vivant et des oeuvres d’artistes de la main, de cet Art qui donne à voir, à dire, à interpréter, à contempler du beau, à faire sens et résonnance avec nos sociétés. De cet Art avec lequel nous partageons notre temps et notre espace, lui qui embelli nos murs, nos rames, nos rues et nos vies. Art engagé qui élève les consciences, le street art.

Guignol et Bart Simpson délivrent un message significatif dans le contexte actuel. Ce visage coloré d’Alber qui vous regarde grâce à votre smartphone, cette fresque grise de The Blind qui se colore et sort du mur, ce trompe l’oeil qui s’ouvre sur une lumière aveuglante, ce saint titan du Wifi malmené par des diablotins n’offre-t-il pas une occasion supplémentaire de réfléchir sur nos lois liberticides du moment… Qu’ont éveillé ces oeuvres chez ce public qui a eu la chance de les voir et de les contempler ? J’y pense encore, plus d’un mois après.

 

Guignol renverse le contexte… Fresque augmentée.
Bart avait un message pour le 3 novembre… Fresque augmentée

Si vous avez manqué ces œuvres éphémères du mois d’Octobre, tout n’est pas perdu. Je vous offre l’occasion de revisiter une partie du festival Peinture Fraîche #2, confiné que vous êtes devant votre écran d’ordinateur. Mais afin de profiter pleinement de cette visite confinée, je vous invite dès à présent à télécharger l’application PeintureFraicheFestival sur votre android ou iOS. Vous pourrez ainsi sans réserve découvrir les fresques augmentées et découvrir les messages des « graffistes et grapheurs » numériques tout en vous figurant ce que le visiteur a pu vivre. Pour cela démarrez l’application puis visez avec l’objectif de votre smartphone les « Fresques augmentées » qui illustrent cette article sur votre écran d’ordinateur. Si cela ne compense pas l’expérience du Festival, cela vous incitera je l’espère à vous rendre à la déjà très attendu 3ème édition du Festival de Street Art lyonnais : Peinture Fraîche Festival #3.

Bonne visite à tous et excellente fin de confinement.

 

Certains graffitis savent se rendre accessibles aux mals ou non voyants, ici une oeuvre de The Blind de Rennes avec du relief en braille… Fresque augmentée.
Quel sentiment ce visage d’Albert One suscitera-t-il ?… Fresque augmentée
Peinture Fraiche #2 offre ces murs à certains artistes internationaux. Ici El Pez… Fresque augmentée.
Un trompe l’oeil éblouissant par Astro de Paris… Fresque augmentée.
Un titan du numérique de Cart’1 de Lyon… Fresque augmentée.

NB : Défi aux colibristes et libristes qui arriveront jusqu’ici, saurez-vous retrouver les symboles de la culture numérique graffés dans les oeuvres voire donner leurs significations aux visiteurs non avertis. Vos réponses en commentaire si vous l’acceptez.

Sources et infos :

Site internet du festival Peinture Fraiche : https://www.peinturefraichefestival.fr/

Les artistes « graffeurs et grapheurs » aux fresques augmentées : PF Juin, Brusk, Bond Truluv, Ahaneah, The Blind, Soda, Alber One, El Pez, Cart’1, Ben Eine, Adam Fujita, Astro, Mars Yahl, 9ème concept.

Les motions designers « graphistes et graffistes » :

  • Matthieu Foulet
  • Jean-Paul Quezada aka Elpix
  • Sarah Scialom
  • Alexandre « Le Poluer »
  • Jean-Baptiste Boiteux

L’agence Hyperfiction d’Annecy a développé l’application PeintureFraicheFestival pour voir les oeuvres s’animer.

Toutes les photos sont de votre serviteur.

 

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